Actualité
APPEL À MOBILISATION : Pour une véritable politique agricole d'avenir
16 juillet 2026 | Loire-Atlantique
APPEL À MOBILISATION : Pour une véritable politique agricole d’avenir
Le réseau TACTS 44 se mobilise dans un contexte climatique d’une gravité inédite :
► par rapport aux épisodes caniculaires,
► mais aussi de la loi d’urgence agricole.
Nous vous invitons, vous aussi, à vous mobiliser.
Face à la multiplication des crises sanitaires, aux sécheresses chroniques et à l’effondrement de la biodiversité, notre système agricole se trouve à un tournant décisif. Ces bouleversements imposent un virage radical : celui d’une transition agroécologique résiliente, capable de garantir notre souveraineté alimentaire tout en préservant le vivant. Or, le projet de loi d’urgence agricole (LUA), loin de répondre à ces défis, semble ignorer l’ampleur de la situation.
Face à un texte qui n’apporte aucune réponse réelle aux besoins des agriculteurs et agricultrices, et hypothèque gravement notre avenir, nous ne pouvons rester silencieux·ses.
Ce texte est un catalogue de mesures hétéroclites qui valide les demandes des lobbys et s’entête à maintenir une trajectoire dépassée. Nous interpellons les élu·es de la République, qui ont la responsabilité d’éviter cette fuite en avant qui enferme les paysannes et les paysans dans la dépendance et menace notre bien commun. Nous alertons particulièrement sur quatre impasses majeures de ce projet :
1 – Un déni démocratique, une menace sur les zones humides et une fragilisation de la ressource en eau
À l’heure où la sobriété devrait s’imposer, ce projet de loi prévoit de simplifier les procédures de gestion de l’eau en libéralisant son stockage. Il acte la fin des réunions publiques pour ces projets, la remise en cause des SAGE (Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau) et la réduction de la protection des zones humides et des aires de captage. Ces écosystèmes fragiles sont pourtant des alliés indispensables face au changement climatique : ils régulent les crues, filtrent les polluants et assurent le rechargement de nos nappes phréatiques. Les fragiliser davantage au nom d’une logique de stockage massif constitue une grave erreur écologique.
> En excluant les citoyen·nes des arbitrages sur le devenir de nos terres, le gouvernement détruit la démocratie de l’eau.
> En Pays de la Loire, seules 11 % des masses d’eau sont en bon état écologique ; cette loi est un danger absolu pour les 89 % restants.
> L’arrosage continu de terres dégradées ne remplacera jamais la perte de matière organique dans les sols. L’agriculture paysanne prouve au quotidien que des sols vivants filtrent l’eau et garantissent son stockage naturel.
2 – La fuite en avant vers l’industrialisation de l’élevage
Pour répondre aux crises sanitaires, toutes les recommandations prônent la
déconcentration des élevages. À l’inverse, ce projet de loi facilite l’agrandissement d’infrastructures démesurées (plus de 900 truies, 85 000 poulets ou 200 vaches laitières) en remontant les seuils d’autorisation. Cette industrialisation ne sécurise ni les agriculteurs et agricultrices, prisonnier·ères de leur endettement et des marchés, ni la santé publique, alors que l’impact des pesticides et d’une mauvaise alimentation est largement documenté.
3 – L’illusion économique face au libre-échange
Pour vivre dignement, les agriculteurs et agricultrices ont besoin de visibilité sur leurs prix de vente. L’expérimentation de « tunnels de prix » proposée par le gouvernement n’aura qu’une efficacité très limitée dans un marché ouvert à tous les vents. Ce dont notre agriculture a besoin, ce sont des instruments de régulation des productions et de gestion de marché défendus à l’échelle européenne, afin de garantir des prix décents de manière durable.
4 – Des inquiétudes légitimes concernant certains néonicotinoïdes
Nous souhaitons également faire part de notre profonde préoccupation quant à la réintroduction par le Sénat de l’autorisation d’usage de certains néonicotinoïdes. Ce choix soulève de sérieuses interrogations pour la santé publique ainsi que pour la qualité de nos ressources en eau, déjà très fragilisées. C’est de surcroît un risque direct pour la santé de nos collègues agriculteurs et agricultrices, qui en sont les premier·ères exposé·es. Il nous semble préférable de soutenir les solutions alternatives qui existent et ont largement fait leurs preuves sur nos fermes : pratiques mécaniques, méthodes biologiques et autres produits de biocontrôle. Poursuivre dans la voie de la chimie de synthèse nous paraît aller à l’encontre des grands défis environnementaux et sanitaires actuels.
Notre modèle agricole dominant est à bout de souffle. Le réseau TACTS 44 porte l’ambition d’une agriculture fournissant des aliments de qualité, accessibles à toutes et tous, respectueuse du vivant et créatrice de liens sur nos territoires.
Prendre à bras le corps les questions de la qualité de l’eau, de la santé, de la démocratie alimentaire et de l’avenir du métier de paysan·ne est une responsabilité majeure que nos élu·es doivent porter.
Nous vous proposons donc de faire barrage à ce projet de loi qui constitue une entrave supplémentaire à l’urgence écologique et sociale, et de contribuer à poser les bases d’une véritable politique agricole d’avenir.
👉 Ce que vous pouvez faire :
► Signer la pétition contre cette LUA (à signer avant le 19 juillet idéalement)
https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6392
► Interpeller individuellement nos parlementaires via ce formulaire très simple
(à faire avant le 16 juillet)
https://shaketonpolitique.org/interpellations/lois-agricoles
Le collectif TACTS 44