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Actualité

Canicules et tensions sur l’eau : la FNAB demande le retrait du projet de loi

7 juillet 2026

Loi d’urgence agricole, la FNAB demande le retrait du projet de loi

Paris le 07/07/2026. Les canicules s’enchaînent et les tensions sur la ressource en eau sont exacerbées, avec des coupures d’eau potable dans certains territoires. Les agriculteur·ices ont besoin d’eau pour produire, c’est une évidence, mais le texte amendé par le Sénat n’apportera pas les solutions dont le monde agricole a besoin pour s’adapter face au dérèglement climatique. En revanche, il creusera un peu plus le fossé qui sépare agriculteur·ices et citoyen·nes. La FNAB demande au gouvernement de ne pas laisser voter dans l’urgence un texte si déséquilibré.

La copie du Sénat va alimenter les tensions autour de l’eau

Avec la LUA, les Sénateurs loupent le coche d’un rendez-vous historique. Le texte propose un avenir basé sur une ressource en eau abondante et régulière, méconnaissant la réalité climatique. En systématisant le recours au stockage de l’eau sans réflexion sur les productions qu’on veut irriguer ou le modèle agricole qu’on veut soutenir ; en renforçant le pouvoir de l’agriculture sur les instances de l’eau au détriment du reste de la société ; en supprimant les solutions comme la bio pour protéger l’eau des pollutions agricoles, les sénateurs renforcent les conditions d’une multiplication des conflits locaux sur l’eau. 

“ A quelques mois des élections sénatoriales, ce texte met en concurrence agriculteurs et citoyens et souffle sur les braises d’un sujet déjà brûlant. Si on peut irriguer n’importe quoi n’importe quand, on va vers des conflits locaux entre agriculteurs et riverains comme c’est déjà le cas au sujet des pesticides et de la pollution des captages ” déplore Olivier Chaloche, co-président de la FNAB.

La sobriété et l’agroécologie pour préserver la ressource en eau

Oui, l’agriculture a besoin d’eau, comme la population et les écosystèmes. Seul un scénario collectif de sobriété et de développement de l’agroécologie limitera les tensions. Le monde agricole doit être partie prenante de cette réflexion. Quand l’eau devient rare, que doit-on produire en priorité ? Quelles pratiques agricoles respectueuses de la ressource doit-on privilégier ? Comment la société peut soutenir les changements de systèmes agricoles permettant de relever ces défis ? Ce sont là les vraies questions que les sénateurs ne se sont pas posées.

 

“ En bio on n’est pas épargnés par la canicule, pour certains c’est très dur et l’absence d’accès à l’eau crée des inégalités entre nous. Il faut retravailler un système de gestion des risques qui permette aux agriculteurs de vivre avec ces nouveaux aléas, là-dessus le projet de loi ne dit rien du tout. Il faut aussi réfléchir à nos pratiques au regard de cette nouvelle réalité de l’eau. En bio on travaille pour avoir des sols plus riches en matière organique, plus couverts, on maintient des haies et des zones humides, on ne peut pas parler usages de l’eau sans parler pratiques agricoles ” explique Olivier Chaloche.